Le saviez-vous ?

5 bonnes raisons de regarder des classiques (recommandations inside)

Vous savez ce que je trouve dommage quand les gens font la moue au moment où j’avoue aimer les films classiques, les « vieux films » ? Ce n’est ni leur incompréhension, ni leur manque de curiosité pour tout ce qui sort des canons de la norme, mais plutôt la peine de savoir qu’ils passent à côté de choses profondément enrichissantes. La première d’entre-elles est que notre époque est, sans le savoir, l’héritière de tous les aspects singuliers qui ont fait la renommée de ces classiques du cinéma « d’avant ». Des passages piétons dans nos villes, aux répliques convenues en société en passant par tel ou tel style vestimentaire, les gens utilisent ce que ces films ont mis en avant il y’a plusieurs dizaines d’années. Au-delà de leur aspect précurseur, l’avantage de ces films est que l’on peut aussi se contenter de la beauté de leur côté visuel, en contemplant par exemple Harrison Ford enroulé d’une couverture, buvant un verre de whisky sur la terrasse de son loft futuriste, ou Steve Mcqueen dans le rétroviseur de sa Ford Mustang. Or comme tout plaisir pouvant paraître un peu abrupte de premier abord par sa forme désuète, il convient d’expliquer avec pédagogie l’intérêt de ces « longs » qui, si il ne vous rendront pas meilleurs, auront au moins le mérite de vous transporter vers d’autres horizons.

Voici donc 5 bonnes raisons de vous intéresser aux classiques

Honneurs aux acteurs

L’absence ou quasi-absence d’effets spéciaux pour certains des films cités ci-dessous, imposait au réalisateur de se concentrer sur sa ressource principale : les acteurs. Le réalisateur devait alors tirer toute la grandeur de la ressource humaine entre ses mains. Notez que Ridley Scott est considéré comme l’un des rares réalisateurs de science-fiction à avoir réussi le tour de force d’intégrer un grand jeu d’acteur dans un film à effets spéciaux.

Le downtempo

Pas d’internet, de Facebook, de what’s app à l’époque de ces films. Donc les gens font de vraies phrases et les conversations ont un début et une fin. Cela implique un rythme lent de notre point de vue d’occidental hyperconnecté, mais jamais ennuyeux, un peu comme lorsque vous vous laissez bercer par le bateau qui vous transporte vers cette île isolée au bord de la mer.

Une atmosphère authentique

Années 50, 70, 80, chaque classique est à sa manière, un témoin de son époque. Il vous plonge dans une atmosphère baignée d’exotisme au regard des productions actuelles. Vous serez surpris par l’épaisseur de certaines ambiances à couper au couteau.

La bande originale

Un autre point commun à la majorité de ces films est qu’ils bénéficient d’une bande son de légende avec au moins un morceau ayant marqué son époque. Subway et Blade Runner en tête.

Le prix

En règle générale, vous pouvez les trouver pour moins de 10 euros sur le site d’achat en ligne que vous connaissez bien. Les plus fins d’entre-vous prendront du plaisir à chercher une édition particulière, uniquement pour la beauté de sa jaquette.

Comme le plus dur dans toute nouvelle activité est de commencer, voici une sélection de films de légende, des plus accessibles aux plus sérieux. Cette sélection est complètement subjective, donc forcément arbitraire.

Subway

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Pour la vision fantasmée et poétique du métro parisien. Un Michel Galabru impérial et un Jean Reno charismatique sans une ligne de dialogue. La musique profonde d’Eric Serra.

Bullitt

Pour le réalisme global du film. Le montage tout de suspens et de tension. Steve Mcqueen, aussi pilote de formule 1, qui réalise lui-même ses cascades.

Les Sept mercenaires

Pour un concentré de monuments du cinéma américain. Un hommage aux 7 Samouraïs d’Akira Kurosawa qui a posé les jalons pour les westerns de Sergio Leone.

Blade Runner

Pour le jeu de pistes entre Ridley Scott et le spectateur, au sujet de l’identité du vrai réplicant. Pour le poème final improvisé part Rutger Hauer.

Fenêtre sur cour

Pour la performance de réaliser un thriller du point de vue d’un handicapé sur sa chaise roulante et coincé dans son appartement. Pour un James Stewart qui reste monstrueusement classe en pyjama à rayures.

Brazil

Pour Terry Gillian, influencé lui-même par plusieurs réalisateurs mentionnés dans cet article. Pour l’univers inspiré par Pieter Brueghel l’Ancien, Kafka et bien sûr le 1984 de Georges Orwell.

Casablanca

Pour la scène devant le Rick’s Café Américain, où Humphrey Bogart échange avec Claude Rains la réplique la plus drôle du cinéma américain. Pour Casablanca, ville tournée en repaire de brigands, élément ayant inspiré tellement de films qu’en faire la liste serait vain.

La Règle du jeu

Pour l’analyse sociologique de la société bourgeoise d’avant guerre, ainsi que la lucidité sur les rapports homme/femme. Pour la critique acerbe mais subtile des travers qui ont permis la naissance du nazisme en Europe.

Et vous, quels grands films vous ont fait vibrer ?

Clément

Amateur de sociologie, de psychologie et de développement personnel. Carrière militaire dans le management et le commandement, curieux, observateur, passionné par la transmission d'expérience.
  • Léo

    Top merci ! +1 pour blade runner

  • Benjamin

    Le Grand Bleu évidemment! Que je trouve 100 fois meilleur que Subway que j’ai revu récemment. Les îles grecques, la Sicile, la Méditerranée, la musique intemporelle de Serra…

  • Clément PICHOL-THIEVEND

    Petit up post publication : Lawrence d’Arabie, Les Sept Samouraïs, Batman de Tim Burton

  • la_mouche

    Je rajouterai « New-York Miami », l’une des meilleures comédies de Capra. Avec la délicieuse Claudette Colbert et la séquence musical d’anthologie du car qui a été improvisé sur le tournage.

    Petite coquille: « Bullitt », c’est avec deux « t »

  • Samenco

    Tant qu’il y aura des hommes
    la dame de Shangai
    Le procès (Orson Welles)
    Gilda

  • Samenco

    Tant qu’il y aura des hommes
    la dame de Shangai
    Le procès (Orson Welles)
    Gilda
    Indochine